Comment Ludovic Hubler a financé son tour du monde en stop
Comment financer plusieurs années de voyage sans disposer de tout le budget au départ ? Dans sa conversation avec Adrien Hardy, Ludovic Hubler raconte être parti avec des économies et l’aide de partenaires, puis avoir trouvé en chemin des activités contribuant à financer la suite.
Son tour du monde en stop, qu’il situe entre 2003 et 2008, n’était pas organisé autour d’un revenu régulier. Il reposait sur une réserve de départ, des dépenses limitées et des ressources obtenues sur la route. Les conférences ont pris une place importante dans ce parcours, sans avoir été prévues comme telles avant de partir.
Ce récit éclaire la manière dont il a rendu son aventure possible. Il ne fournit ni un budget pour voyager aujourd’hui ni la garantie de pouvoir reproduire son expérience.
Une réserve de départ de 12 000 euros, selon son récit
Avant ce tour du monde, Ludovic Hubler avait déjà fait du stop sur des trajets courts et lors de voyages en Europe. Il raconte comment ces expériences lui ont donné envie d’aller plus loin. Il avait envisagé deux ans de voyage ; l’aventure en a finalement duré un peu plus de cinq.
La préparation comprenait un site internet pour partager son parcours et une recherche de partenaires. Dans l’entretien, il indique être parti avec 12 000 euros : 7 000 euros d’économies personnelles et 5 000 euros apportés par de petits partenaires. Cette somme était disponible sur un compte courant.
Son départ ne se résumait donc pas à une décision prise au bord de la route. Il avait déjà pratiqué le stop, préparé les moyens de raconter son projet et réuni une première réserve financière.
Un coût total annoncé de 25 000 euros
Ludovic Hubler estime que l’ensemble du voyage lui a coûté 25 000 euros, soit environ 5 000 euros par an dans son propre bilan. Ces montants sont ceux qu’il donne dans la conversation, pas un décompte vérifié indépendamment.
Pour expliquer le financement au-delà de sa réserve initiale, il évoque notamment les conférences données en chemin. Il mentionne aussi des articles, une chronique radio et de petits emplois.
L’entretien ne détaille ni les dépenses par poste ni les recettes de chaque activité. Il ne permet donc pas de calculer le budget nécessaire à un projet actuel, ni de déterminer la réserve de sécurité à prévoir.
Le contexte compte autant que le total : les prix, l’itinéraire, les formalités, la santé, l’assurance et les obligations personnelles doivent être évalués pour chaque voyage. Le chiffre de 25 000 euros décrit son expérience passée ; il n’est pas un seuil universel pour partir cinq ans.
Réduire les dépenses, accepter de consacrer du temps
Dans son récit, le stop et l’hébergement occupent une place centrale. Il explique s’être appuyé sur des réseaux d’accueil entre voyageurs, avoir dormi sous sa tente et passé des nuits dans des stations-service.
Ces choix limitaient les dépenses, mais demandaient de la disponibilité et de l’adaptation. Son expérience du bateau-stop le montre particulièrement bien : il évoque des heures d’attente pour trouver une voiture, contre des semaines de recherche pour obtenir une traversée maritime.
Le temps consacré à chercher faisait ainsi partie de son mode de voyage. Une traversée ne se réservait pas à l’avance comme un billet de transport ; il fallait trouver une possibilité et composer avec l’incertitude.
Pour préparer son propre projet, cela invite à distinguer deux questions : combien peut-on dépenser, et combien de temps peut-on consacrer à trouver une alternative ? Réduire un paiement ne signifie pas supprimer la contrainte. Cela peut déplacer l’effort vers la recherche, l’attente ou l’organisation.
Les conférences : une activité née sur la route
Le développement des conférences commence, selon son témoignage, dans une école en Équateur. Un professeur lui propose de raconter son aventure aux élèves. Il découvre alors le plaisir de partager ses expériences et les questions qu’elles suscitent.
Il prépare ensuite une présentation et démarche des établissements et des organisations. Il raconte avoir consacré une année à une tournée aux États-Unis et au Canada, puis avoir donné des conférences en Australie.
Les modalités variaient selon les structures : rémunération de l’intervention, contributions volontaires du public ou reversement de recettes d’entrée. Il précise aussi avoir donné de nombreuses conférences sans rémunération. Transmettre son aventure ne constituait donc pas systématiquement une source de revenus.
À côté de ces interventions, il mentionne de petits emplois en Australie et en Argentine. Pendant qu’il cherchait un bateau au départ de l’Australie, une activité dans une auberge de jeunesse l’a notamment aidé à limiter ses dépenses. Son financement associait ainsi de l’argent gagné et des dépenses évitées.
Il ne présente pas ces activités comme un plan garanti pour tout voyageur. Dans son cas, elles ont pris forme au fil des rencontres, puis grâce à un travail de préparation et de démarchage. Pour un autre projet, des revenus espérés restent des hypothèses tant qu’aucune mission n’est confirmée.
La liberté de partir a aussi un coût personnel
Ludovic Hubler raconte ne pas avoir donné suite à une offre d’emploi chez Deloitte. Cette trajectoire lui semblait plus prévisible, tandis que le voyage répondait à un rêve qu’il souhaitait réaliser.
Son entretien ne gomme pas les sacrifices. Pendant son absence, des proches se mariaient, construisaient leur maison ou poursuivaient d’autres projets. Il évoque aussi le décès de sa grand-mère. Il reconnaît que ses conditions personnelles rendaient ce départ possible, notamment le fait de ne pas avoir à s’occuper d’une personne dépendante.
L’argent n’était donc pas la seule ressource engagée. Partir impliquait aussi de s’éloigner de ses proches, de renoncer à certains moments et d’accepter des conditions de vie incertaines.
Ce témoignage rappelle qu’un budget ne suffit pas à décider si un projet est réalisable. Les responsabilités et les liens que l’on souhaite préserver comptent aussi.
Ce que ce récit permet de retenir pour son propre projet
Ludovic Hubler a associé une réserve de départ, l’aide de partenaires, des dépenses limitées et des activités développées en chemin. Son expérience ne démontre pas que cinq ans de voyage coûtent nécessairement 25 000 euros. Elle montre comment ces ressources ont contribué à rendre son parcours possible.
Sans transposer son budget, on peut s’appuyer sur ce récit pour examiner trois questions :
- Quelles ressources sont déjà disponibles ? Séparer les économies et les soutiens confirmés des revenus seulement espérés.
- Quelles dépenses correspondent au voyage envisagé ? Chiffrer son propre itinéraire, plutôt que reprendre le total d’une aventure passée.
- Quelles contraintes restent à prévoir ? Prendre en compte la santé, les proches, les imprévus et les conditions d’un éventuel retour.
Ce sont des pistes de préparation, non des recommandations attribuées à Ludovic Hubler. Son récit donne un exemple concret de financement ; les décisions restent à construire à partir de sa propre situation.
Écouter la conversation complète avec Ludovic Hubler.
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Pour explorer un autre projet d’aventure porté par Adrien : découvrir Kairos, distinct d’Aventuriers de la Vie.