Entreprendre seul ou avec des associés : le regard d’Éric Larchevêque
Entreprendre seul ne signifie pas nécessairement travailler sans équipe. Dans sa conversation avec Adrien Hardy, Éric Larchevêque distingue l’association au capital, les personnes qui participent à l’activité et les échanges qui permettent de ne pas rester isolé.
Le cofondateur de Ledger exprime une préférence pour l’entrepreneuriat à plusieurs. Il souligne cependant qu’une association ne doit pas être forcée et qu’il n’identifie pas de profil type valable pour tous. Son propre parcours comprend des entreprises construites avec des associés, puis une activité davantage centrée sur son nom et son expérience.
Son témoignage ne tranche donc pas une fois pour toutes entre solopreneuriat et association. Il invite à regarder ce que l’on veut construire, avec qui et dans quelles conditions.
Solopreneur ne veut pas dire sans équipe
Au moment de l’entretien, Éric Larchevêque présente les activités autour de son domaine et de ses masterclass comme une étape différente de son parcours. Les services proposés reposent fortement sur son expérience et sa capacité personnelle à intervenir.
Il explique que cette organisation se prête à une activité portée en son nom, tandis qu’une association capitalistique importante lui paraît moins adaptée à ce type de projet. La valeur du service dépend largement de sa propre intervention, contrairement à un projet que plusieurs fondateurs peuvent porter ensemble.
Il précise néanmoins qu’une équipe travaille avec lui. Sur l’actionnariat, il se décrit comme seul, puis nuance cette présentation en mentionnant son épouse, sans détailler la répartition du capital. On ne peut donc pas déduire de l’entretien qu’il détient seul la totalité de l’entreprise.
Le point essentiel est ailleurs : le mot solopreneur ne signifie pas ici qu’il accomplit toutes les tâches sans aide. Porter une activité en son nom et travailler avec d’autres personnes sont deux choses compatibles.
S’associer pour un projet, pas par principe
Éric Larchevêque considère l’association comme une manière de partager les difficultés et de réunir des compétences. Son expérience de l’entrepreneuriat à plusieurs nourrit cette préférence.
Mais il donne aussi une place importante aux rencontres. Trouver une personne avec laquelle le projet fonctionne réellement est, dans son récit, une meilleure raison de s’associer que l’idée abstraite selon laquelle il faudrait forcément être plusieurs.
Il met en garde contre une association acceptée malgré des doutes, simplement pour suivre ce principe. Il ne désigne pas un profil qui devrait toujours entreprendre seul et un autre qui devrait toujours s’associer : les opportunités et la qualité des rencontres comptent dans le choix.
Cela ne transforme pas son propos en plaidoyer pour l’isolement. Il décrit au contraire l’entrepreneuriat seul comme plus difficile lorsque personne ne permet de partager les obstacles ou de discuter les problèmes.
Le leadership : faire adhérer à un projet commun
Dans son récit de la construction de Ledger, Éric Larchevêque raconte avoir réuni des équipes aux compétences complémentaires autour d’un projet commun. Il avait proposé une vision, une répartition des rôles et une organisation qui ont ensuite été discutées.
Sa conception du leadership repose sur la capacité à convaincre et à susciter l’adhésion, plutôt que sur la peur ou la contrainte. Il insiste aussi sur l’écoute, la confiance et le respect des personnes.
Pour lui, cette dimension devient essentielle lorsqu’un entrepreneur souhaite réunir des associés et développer une équipe importante. Il ne la présente pas uniquement comme une théorie apprise : il raconte avoir compris tardivement la place du leadership dans sa propre manière d’entreprendre.
Pour un lecteur qui envisage de travailler à plusieurs, le point à retenir est la place accordée à l’adhésion. Réunir des compétences ne remplace pas le travail nécessaire pour rendre le projet compréhensible et donner envie d’y participer.
Trouver du soutien sans partager le capital
Le soutien ne passe pas seulement par un associé. Éric Larchevêque recommande dans l’entretien de rejoindre des groupes ou des communautés d’entrepreneurs pour confronter ses idées et échanger sur les difficultés rencontrées.
Ces espaces permettent de discuter avec des personnes qui vivent des problèmes comparables. Ils ne remplacent pas nécessairement un associé, mais peuvent répondre à une partie du besoin d’échange et de recul.
Il distingue ces groupes des partenariats commerciaux entre activités indépendantes. Deux entrepreneurs peuvent collaborer autour d’un projet sans devenir associés au capital. Il évoque alors une relation contractuelle, plus souple, qui peut aussi prendre fin.
Trois besoins apparaissent donc dans l’entretien : construire avec un associé, s’entourer pour faire fonctionner l’activité et trouver des interlocuteurs pour ne pas rester seul face aux décisions. Ils ne demandent pas tous la même réponse.
La liberté d’entreprendre n’efface pas les difficultés
Éric Larchevêque raconte que son envie d’entreprendre s’est dessinée par contraste avec un grand groupe découvert pendant ses études. Il ne se projetait pas dans cet environnement et a recherché une autre voie.
Ses débuts n’étaient pourtant pas confortables. Il évoque une forte charge de travail avec son associé et des revenus modestes, alors que certains camarades ingénieurs occupaient des postes mieux rémunérés. Il décrit aussi des doutes et des échecs au cours de son parcours.
Ce qui lui importait, selon son témoignage, était le plaisir de construire, de mettre un produit sur le marché et de voir son usage. L’autonomie ne signifiait pas l’absence de contraintes.
Pour le lecteur, ce récit invite à distinguer le choix des associés des questions de revenu, de temps et de charge de travail. Choisir une organisation ne règle pas à lui seul tous ces sujets.
Savoir arrêter fait aussi partie des décisions
L’entretien aborde la décision de mettre fin à un projet. Éric Larchevêque raconte avoir arrêté Prixing et vendu ses actifs, parce qu’il jugeait les perspectives insuffisantes au regard du temps qu’il aurait pu continuer à y consacrer.
Il distingue la résilience, qui aide à traverser les difficultés, de la poursuite indéfinie d’une direction. Dans son approche, l’écoute des signaux du marché, l’humilité et le recul permettent de poser la question du coût d’opportunité : que renonce-t-on à faire en continuant ce projet ?
Le fait qu’il ait ensuite participé à la création de Ledger n’établit pas une règle selon laquelle arrêter mènerait à une meilleure réussite. Son témoignage décrit une décision et une trajectoire, pas une garantie de résultat.
Il évoque aussi des pistes pour développer une activité centrée sur une personne : contenus en ligne ou méthode transmise par d’autres intervenants. Au moment de l’entretien, il annonce un cercle d’entrepreneurs en ligne. Ces éléments décrivent ses réflexions et ses annonces de l’époque, pas une offre dont la disponibilité actuelle aurait été vérifiée.
Trois questions pour éclairer son propre choix
Le témoignage d’Éric Larchevêque permet de distinguer des sujets souvent réunis sous une même question : faut-il entreprendre seul ou à plusieurs ?
Pour examiner son propre projet, on peut commencer par trois questions :
- De quel soutien a-t-on besoin ? Un associé au capital, une aide opérationnelle ou des interlocuteurs pour prendre du recul ne répondent pas au même besoin.
- Sur quoi repose la valeur de l’activité ? Principalement sur son intervention personnelle, ou sur un projet que plusieurs personnes peuvent porter ensemble ?
- Avec qui veut-on réellement construire ? Une rencontre convaincante n’est pas la même chose qu’une association recherchée par principe.
Cette grille est une synthèse éditoriale des thèmes de l’entretien, non une méthode formulée par l’invité ni un conseil juridique sur l’actionnariat.
Son récit met en avant le plaisir de construire et l’envie de transmettre. Le choix d’entreprendre seul ou avec des associés peut ainsi être réexaminé en fonction du projet, plutôt que devenir une identité à préserver à tout prix.
Écouter la conversation complète avec Éric Larchevêque.
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